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En finir avec les séquelles de l’esclavage
Lettre d’information, octobre 2026

Le 25 mars dernier, à New-York, l’Assemblée générale de l’ONU a proclamé « la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l’humanité ». Aussi bien en Afrique que dans les Caraïbes, les nations d’anciens esclaves multiplient depuis des mois les rencontres pour demander des excuses et des réparations.
« En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à La Réunion, des organisations patriotiques ont, le 30 avril 2026, adressé une lettre ouverte à des descendants d’esclavagistes afin d’évoquer les réparations matérielles et financières liées à l’esclavage. Elles estiment qu’une partie importante des terres, de l’économie agroalimentaire ou de la grande distribution reste concentrée entre les mains de familles héritières de fortunes construites pendant la période esclavagiste ».
« Au Royaume-Uni, plusieurs descendants de familles esclavagistes ont eux-mêmes commencé à reconnaître publiquement leur héritage et à financer des projets de réparation. C’est notamment le cas de Laura Trevelyan, dont la famille a présenté en 2023 des excuses publiques à l’île de Grenade, ancienne possession britannique, et financé un fonds de réparation, après avoir découvert que ses ancêtres avaient reçu des compensations financières lors de l’abolition de l’esclavage ».
Source : France24-10-05-2026-« Pas coupables, mais comptables »
Haïti, partie prenante de la démarche

Haïti est également associé à ce grand mouvement. En particulier, Colette Lespinasse, membre du conseil de direction du Foyer Maurice Sixto (FMS), y est très active :
« Nous revendiquons des actions réparatrices empreintes de justice afin de garantir la non-reproduction de ces problèmes, ainsi que des relations empreintes d’humanité et de respect »…
« Pour qu’Haïti puisse pleinement porter cette revendication et en tirer des bénéfices concrets pour sa population, il est impératif que les secteurs les plus affectés – paysans, femmes, communautés rurales – soient placés au coeur des décisions, et non en marge du processus. La justice réparatrice, pour être authentique, doit commencer par ceux qui ont le plus souffert et qui continuent de payer, chaque jour, le prix d’une dette qui n’était pas la leur. »
Source : Haïti et ce grand mouvement mondial de justice réparatrice | coeh.eu-05-06-2026
Le FMS, partie prenante de la démarche

Pour Colette Lespinasse et l’équipe dirigeante du FMS, le combat pour la justice a lieu autant sur le plan mondial qu’en Haïti. Dans le cadre concret du FMS, il passe par l’éducation des jeunes.
Il n’y a rien de mieux que les témoignages de jeunes passés par le FMS pour mesurer les résultats de l’engagement du FMS :« Je m’appelle Rivens, 29 ans. Depuis 17 ans, je vis chez une personne avec qui je n’ai aucun lien familial. J’ai pu heureusement apprendre la sérigraphie en 2023 au FMS. Puis le FMS m’a accordé un soutien économique pour monter une petite entreprise. Grâce aux connaissances acquises, j’ai cherché et obtenu des contrats et j’ai gagné un peu d’argent. Mais cela n’est pas régulier et suffisant. J’ai donc acheté une moto d’occasion et je fais du taxi moto. Ce n’est pas du tout facile pour moi de bouger avec cette moto, à cause de l’insécurité. Mais je me suis débrouillé quand même. Je sens que je suis en train d’atteindre les objectifs que j’avais. Maintenant, je peux subvenir à mes besoins, ce qui me donne un sentiment d’indépendance. Je me sens aussi mieux préparé pour faire face aux adversités de la vie. Le support obtenu du FMS a beaucoup changé ma vie. Il a renforcé ma capacité économique et ma capacité morale aussi. Il me donne aussi la capacité de promouvoir et défendre les droits des enfants et des jeunes, notamment dans mon église et dans mon quartier ».
Les difficultés au quotidien du FMS
L’insécurité : les kidnappings et les assassinats sont en augmentation. A chaque péage des bandits dans la rue, il faut payer une taxe de passage parfois très importante. Les déplacements pour venir au FMS peuvent être dangereux. Le FMS doit affiner chaque jour sa stratégie visant à ne pas donner aux bandits le moindre prétexte pour s’infiltrer dans ses affaires ou chercher à le détruire. Il a par exemple instauré un contrôle rigoureux des entrées à son portail.
Les difficultés d’approvisionnement : autant pour son approvisionnement en livres, cahiers et matériel scolaire, ainsi que pour sa cantine scolaire, le FMS est confronté à d’énormes défis et à une forte augmentation des coûts. Il est de plus en plus difficile de faire venir les camions d’aide alimentaire du centre-ville, il faut donc acheter au prix fort de la nourriture dans le quartier. Cela impacte son budget.

Avec nos cordiales salutations
Pour Les Amis d’Haïti :
Maurice Clerc, membre du comité
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Les Amis d’Haïti, Chemin des Mélèzes 17, 1475 Montbrelloz
E-Mail : contact@amishaiti.ch
Site web : https://www.amishaiti.ch
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